Comment le décret n° 2026-718 précise-t-il le contrôle des investissements étrangers en France ?
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Vendre sa société, entrer au capital, racheter les parts d'un associé sortant : l'opération paraît simple tant que le prix est arrêté. Les litiges qu'elle produit, eux, naissent presque toujours de ce qui n'a pas été écrit.
Le prix se négocie ; la garantie d'actif et de passif se rédige. C'est elle qui déterminera qui supportera un redressement fiscal, un contentieux prud'homal ou une dette découverts après la signature. Un bon prix sans garantie sérieuse est une opération inachevée.
Faites relire le protocole avant de signer, non après : la marge de négociation disparaît le jour de la cession.
Statuts et pactes en vigueur, baux, contrats commerciaux, situation sociale et fiscale, litiges en cours, sûretés consenties : l'audit détermine ce que l'acquéreur achète réellement et fonde les garanties qu'il exigera. Côté cédant, il permet d'anticiper les points qui feront baisser le prix.
Dans une SARL, la cession à un tiers est soumise à l'agrément des associés dans les conditions fixées par la loi et les statuts. Dans une société par actions, les statuts ou le pacte peuvent prévoir un agrément, un droit de préemption ou une clause d'inaliénabilité. Une cession consentie au mépris de ces clauses encourt la nullité.
Rédaction de l'acte, détermination du prix et de ses modalités de paiement, éventuel complément de prix, séquestre, formalités d'enregistrement auprès de l'administration fiscale, mise à jour des registres et dépôt au greffe : chaque omission a un coût, parfois différé de plusieurs années.
Garantie d'actif et de passif, garantie de la garantie (caution bancaire ou séquestre), clause de non-concurrence et de non-sollicitation du cédant, accompagnement post-cession, clause de révision de prix : ce sont ces stipulations, et non le prix, qui font la solidité de l'opération.
L'acquéreur qui découvre un passif dissimulé peut mettre en œuvre la garantie selon la procédure et les délais qu'elle prévoit — d'où l'importance de leur rédaction. Il peut également agir sur le terrain du dol lorsque des informations déterminantes lui ont été délibérément tachées, ou de la garantie des vices cachés dans certaines configurations.
Le cédant, de son côté, n'est pas démuni : la mise en œuvre tardive ou hors du champ de la garantie, l'absence de préjudice indemnisable ou la connaissance qu'avait l'acquéreur du risque invoqué constituent autant de moyens de défense.
Un mois pour faire enregistrer l'acte de cession auprès de l'administration fiscale. Cinq ans pour l'action en nullité fondée sur le dol, à compter de sa découverte. La durée de la garantie d'actif et de passif, elle, n'est fixée par aucun texte : elle est ce que les parties en font, généralement trois ans, souvent alignée sur les délais de reprise fiscale et sociale pour les passifs correspondants.
Réunissez les statuts à jour, le pacte d'associés s'il en existe un, les trois derniers bilans, la liste des contrats significatifs et la lettre d'intention si elle a déjà été signée. Ce dernier document engage souvent plus qu'on ne le pense.
Les informations figurant sur cette page sont données à titre général et ne constituent pas une consultation juridique. Chaque situation appelle un examen individuel ; les délais, qualifications et conditions exposés connaissent des exceptions.