Comment le décret n° 2026-718 précise-t-il le contrôle des investissements étrangers en France ?
Toutes les annonces
Espace client
Les compétencesDu Cabinet
Un licenciement se conteste rarement sur l'impression qu'il est injuste : il se conteste sur des pièces, sur une procédure et sur des mots. Ceux de la lettre de licenciement, d'abord — parce qu'ils enferment le débat pour toute la suite.
La lettre de licenciement fixe les limites du litige. L'employeur ne pourra pas invoquer devant le conseil de prud'hommes un grief qu'il n'y a pas écrit. Une lettre imprécise, ou muette sur les faits reprochés, fragilise durablement sa position.
C'est la première pièce à faire relire — avant toute discussion, avant toute signature.
Un licenciement peut être remis en cause sur trois terrains distincts, qui se cumulent souvent dans un même dossier.
Le licenciement doit reposer sur une cause réelle et sérieuse : des faits exacts, vérifiables et suffisamment graves. L'insuffisance professionnelle mal étayée, la faute ancienne, le grief invérifiable ou le motif économique non justifié sont autant de failles. En cas de doute, celui-ci profite au salarié.
Convocation à l'entretien préalable, délai de cinq jours ouvrables, mention de la faculté d'assistance, respect du délai de notification, consultation des représentants du personnel en matière économique, autorisation administrative pour les salariés protégés : chaque étape manquée ouvre un droit à indemnisation.
Certains licenciements sont nuls, et non simplement injustifiés : ceux qui font suite à une discrimination, à un harcèlement, à une dénonciation de faits répréhensibles, à l'exercice du droit de grève, ou qui interviennent pendant une période protégée. La nullité ouvre droit à la réintégration et écarte le plafond d'indemnisation.
Il prive d'indemnité de licenciement et de préavis, ce qui en fait la qualification la plus lourde de conséquences. Requalifier une faute grave en cause réelle et sérieuse — voire en licenciement injustifié — restitue au salarié plusieurs mois de salaire.
L'employeur doit démontrer la réalité des difficultés, respecter les critères d'ordre des licenciements et exécuter son obligation de reclassement. Ces trois exigences sont rarement remplies simultanément.
L'obligation de reclassement et la consultation des représentants du personnel s'imposent, sauf mention expresse du médecin du travail. L'avis d'inaptitude lui-même ne se conteste que dans un délai très bref.
Lorsque c'est l'employeur qui manque à ses obligations, le salarié n'est pas condamné à attendre son licenciement : il peut prendre acte de la rupture ou en demander la résiliation aux torts de l'employeur. La stratégie se choisit dossier par dossier, tant les effets diffèrent.
Lorsque le licenciement est jugé sans cause réelle et sérieuse, l'indemnité est encadrée par un barème légal, exprimé en mois de salaire brut et fonction de votre ancienneté. S'y ajoutent, selon les cas, l'indemnité de licenciement, l'indemnité compensatrice de préavis et de congés payés, les rappels de salaire et d'heures supplémentaires, ainsi que les dommages et intérêts pour irrégularité de procédure.
Le barème est écarté lorsque le licenciement est nul : l'indemnisation est alors au minimum de six mois de salaire, sans plafond, et la réintégration peut être demandée.
Douze mois pour contester la rupture du contrat, à compter de sa notification — le même délai vaut pour une rupture conventionnelle, à compter de son homologation. Quinze jours seulement pour contester un avis d'inaptitude. Six mois pour dénoncer le reçu pour solde de tout compte, faute de quoi il devient libératoire. Ces délais courent même lorsque des discussions sont en cours avec l'employeur.
Il sert à savoir ce qui est défendable, et ce qui ne l'est pas. Apportez votre contrat de travail et ses avenants, vos douze derniers bulletins de paie, la convocation à l'entretien préalable, la lettre de licenciement et le solde de tout compte. Si vous avez déjà signé un document, apportez-le également : il n'est pas toujours définitif.
Les informations figurant sur cette page sont données à titre général et ne constituent pas une consultation juridique. Chaque situation appelle un examen individuel ; les délais, qualifications et conditions exposés connaissent des exceptions.